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J’ai vécu une immersion chez les Maasaï en Tanzanie : mon expérience

Je ne suis pas arrivée dans ce village Maasaï par hasard et j’avais envie d’en écrire un article.

Car cette immersion faisait partie de mon dernier voyage de repérage en Tanzanie. L’idée n’était pas seulement de visiter des lodges, voir des paysages, ni de cocher des expériences sur une liste…non, non ! Mais de vivre des safaris au coeur du Serengeti et de Mkomazi et aussi de débuter ce voyage par cette immersion.

C’est d’ailleurs pendant ce voyage que j’ai rencontré Sabore, dont je parle dans un épisode de mon podcast Rêve Party.

Avec le temps, j’ai compris que la Tanzanie, pour moi, n’était pas seulement une destination. Ce sont des visages, des rencontres, des conversations, et parfois des silences et cette immersion en fait clairement partie. Je vous raconte !

Voyager autrement en Tanzanie : mon immersion dans un village Maasai

Sortir de sa zone de confort… pour de vrai

On parle beaucoup de “sortir de sa zone de confort”. Enfin je dirai plutôt sortir… de sa zone connue, parce que confortable, elle ne l’est pas toujours.

Je suis déjà sortie de ma zone de confort en voyage, notamment lors d’un trek de 40 kilomètres en terres maasaï

J’essaie aussi de le faire dans mon quotidien, à ma manière, et je le fais plus souvent que je ne l’imagine avec depuis peu mon podcast. Je sors de ma zone de confort à oser rencontrer quelqu’un que je connais pas voire peu pour ensuite l’interviewer !

Mais vivre plusieurs jours dans un village sans électricité, sans wifi, sans repères familiers, c’est encore autre chose.

Mon arrivée en Tanzanie avant de vivre l’immersion

À peine arrivée en Tanzanie, je passe ma première nuit du côté d’Arusha (dans cette jolie adresse Dan Stam Lodge, située à 1h130 environ de l’aéroport).

Le lendemain matin, c’est notre guide prénommé Dende, qui vient me chercher avec le groupe de filles (mes « collègues ») avec qui je vais voyager ces deux prochaines semaines. Très vite, une énergie de groupe se crée entre un mélange d’excitation et de curiosité face à tout ce qui nous attend sans vraiment savoir !

Avant de rejoindre le village maasaï, nous faisons un arrêt assez étonnant au Mukuru Sacred Site, un lieu situé au cœur du pays Maasaï et imaginé comme « un espace de reconnexion à la nature et aux traditions locales ». On peut y dormir dans l’une des chambres construites dans un esprit “grotte”, entièrement réalisées à la main, mais avec un certain confort moderne malgré tout : eau courante, électricité, salle de bain privée… Le lieu propose aussi des expériences autour de la culture maasaï, des marches guidées, des rencontres et même certains rituels traditionnels.

Nous concernant, on n’y a pas dormi mais juste découvert deux adresses supers : Osiligilai Maasai Lodge et Africa Amini Maasai Lodge, tous deux très immersif pour découvrir la culture locale et Maasai !

Puis est venu le moment de partir à pied…Accompagnées de notre guide maasaï Sabore (et qui sera à nos côtés ces 2 prochains jours), nous avons marché pendant environ six kilomètres. Le paysage changeait au fil de nos pas, et avons traversé des champs, un village, nous avons croisé des habitants, dont des enfants…avant d’apercevoir finalement le village où nous allions passer les deux prochaines nuits.

Je crois que c’est à ce moment-là que j’ai compris que cette expérience allait être différente de tout ce que j’avais déjà vécu.

C’est quoi, au fond, une immersion dans un village maasaï ?

Vivre une immersion dans un village maasaï en Tanzanie, c’est en quelques mots partager pendant quelques jours le quotidien d’une communauté locale, en dormant sur place, en participant à certaines activités et en découvrant un mode de vie très différent du nôtre.

Pendant ces deux jours et deux nuits, nous avons vécu au rythme de ce petit village : les repas, les discussions (comme on peut car n’oublions pas que nous ne parlions pas leur langue), les moments avec les enfants, la fabrication de bijoux en perles, les tâches du quotidien etc.

Il ne s’agissait pas de “jouer aux Maasaï” pendant 48 heures, mais plutôt d’essayer de comprendre, avec beaucoup d’humilité, une autre manière de vivre, de penser et d’habiter le monde.

Et honnêtement, avec du recul, c’est sans doute cette nuance qui change tout. Car, les premières heures, on observe énormément et on ne sait pas vraiment où se placer.  Je dis « on » mais je pourrai aussi continuer par le « Je ».

J’ai hesité à poser des questions, je ne veux pas déranger et surtout je ne souhaite pas prendre trop de place.

Parce qu’il y a une question qui m’accompagne toujours dans ce type d’expérience : où s’arrête la rencontre… et où commence le voyeurisme ?

En Namibie, par exemple, lors d’une immersion chez les Himbas que j’ai vécu lorsque je vivais là bas (il y a presque 15 ans !), j’avais ressenti un malaise. Celui d’être spectatrice d’une culture que l’on venait presque “consommer”. Alors, avec du recul, ce village d’Himbas était clairement un attrape-touriste et totalement aménagé pour accueillir les touristes. Donc, en arrivant, je me suis sentie de suite plus vigilante et plus consciente aussi.

Pendant 2 jours, je suis donc sortie de ma zone connue car il y avait tous les ingrédients pour cela : une nouvelle destination, un nouvel environnement, de nouvelles pratiques, de nouvelles personnes et un confort différent (nous dormions en tente et une douche et un toilette étaient spécialement installées pour nous)

Tout était donc nouveau…

Ce que les photos ne montrent pas

Quand je regarde les photos prises pendant cette immersion, je réalise qu’elles racontent finalement très peu de choses de ce que l’on vit réellement sur place.

Parce que ce que les images ne montrent pas, c’est le silence… mais aussi tous les sons qui l’accompagnent. Les chèvres qui circulent toute la journée avec leurs petites cloches autour du cou, leurs bêlements permanents, les ânes, les chiens, les voix au loin. D’ailleurs, chaque réveil se faisait au rythme de ces bruits-là, bien loin de ceux auxquels nous sommes habitués dans notre quotidien.

Nous ne parlions pas la même langue et, assez naturellement, j’ai passé beaucoup de temps avec les enfants. On jouait comme on pouvait, sans jouets, sans écrans, juste avec ce qu’il y avait autour de nous. On riait beaucoup aussi. J’observais leurs gestes, leur manière de se déplacer, leurs regards parfois très curieux sur nous.

Un matin, avec l’une des femmes du village, nous avons même improvisé un moment de yoga du rire. C’était complètement spontané, très simple, et pourtant je crois que c’est l’un des souvenirs qui m’a le plus marquée.

J’ai aussi confectionné des bijoux en perles avec certaines femmes. Et oui, j’ai payé les bracelets que j’ai réalisés. Avec du recul, ça me fait sourire, mais je trouve cela normal. Parce que pour moi, une immersion comme celle-ci ne devrait jamais être gratuite : on participe, on échange, on contribue aussi à sa manière. On ne peut pas simplement arriver, prendre des photos, vivre une expérience forte émotionnellement… puis repartir sans rien laisser derrière soi.

Nous avons également partagé plusieurs activités du quotidien avec les femmes maasaï, comme l’entretien de la clôture du boma ou encore la recherche de bois. Et d’ailleurs, c’est important de le préciser : nous étions uniquement un groupe de femmes, donc nous avons essentiellement vécu le quotidien des femmes du village. D’ailleurs si vous voyagez en couple ou en groupe mixte, sachez que les activités sont généralement séparées entre hommes et femmes.

À un moment, on m’a aussi proposé d’assister à la mise à mort d’une chèvre. J’ai d’abord accepté, presque par réflexe, parce que je ne voulais pas manquer de respect à leur culture. Et puis finalement, après quelques minutes, je suis partie car je crois que je n’étais tout simplement pas capable d’aller au bout de ce moment-là.

Et je pense qu’il est important de dire aussi cela après un voyage : il faut accepter de ne pas tout vivre.

L’agence locale avec laquelle je suis partie, Serengeti Big Cats Safaris, a selon moi trouvé un équilibre assez juste dans cette immersion.

Alors, rien n’était parfait (et je ne pense d’ailleurs pas que ce type d’expérience puisse l’être) mais je n’ai jamais eu la sensation d’être dans quelque chose de “mis en scène” uniquement pour les voyageurs.

L’immersion n’est pas un spectacle

On parle souvent d’authenticité en voyage, mais l’authenticité n’est pas une mise en scène que l’on consomme pendant quelques heures avant de repartir.

Elle demande du contexte, du respect, du temps et surtout d’être bien accompagné dès le départ. C’est aussi pour cela que le choix de l’agence ou des personnes qui organisent cette expérience me paraît vraiment essentiel.

Comprendre le « pourquoi on est là », ce que la communauté accepte réellement de partager et s’assurer que cette immersion ait du sens pour tout le monde change complètement la manière de vivre ce moment.

Sans cela, ce type d’expérience peut vite devenir déséquilibré.

Avec du recul, je dois vous dire aussi que cette immersion m’a surtout appris plusieurs choses comme celle de…

  • ralentir
  • à accepter de ne pas tout comprendre
  • à ne pas chercher ma place à tout prix non plus
  • à observer davantage que parler… ce qui, honnêtement, n’est pas toujours si simple.
  • et à déconnecter (car oui, oui, pas de wifi ici dans le village !).

Est-ce que je referais une immersion maasaï en Tanzanie ?

Honnêtement ? Alors, peut-être pas demain mais peut-être un jour, et je me verrai bien vivre cela avec ma fille lorsqu’elle sera plus grande.

Parce que ce voyage m’a appris quelque chose d’important : une immersion ne devrait jamais devenir un “trophée” de voyage que l’on collectionne pour pouvoir dire qu’on l’a FAIT ! (D’ailleurs, je pose cela ici : « on ne fait pas un voyage, on ne fait pas une destination, on VIT le voyage !).

Cette immersion reste donc selon moi une expérience qui questionne davantage qu’elle ne donne de réponses….

Si vous envisagez une immersion chez les Maasaï

Lors de mes voyages en Tanzanie, je travaille avec une agence locale engagée qui essaie de construire des expériences respectueuses des communautés et plus équilibrées dans la manière de voyager.

Si vous vous interrogez sur ce type d’immersion, ou si vous envisagez de vivre cette expérience avant ou après un safari en Tanzanie, n’hésitez pas à m’écrire. Je préfère toujours échanger avant, parce que je pense sincèrement que ce genre de voyage doit correspondre à la personne qui le vit, à sa sensibilité et à ses attentes.

Les questions à se poser avant une immersion maasaï

Avant de vivre ce type d’expérience, je pense qu’il y a quelques questions importantes à se poser.

Elles paraissent simples mais elles changent profondément la manière dont on regarde et dont on vit cette immersion.

  • Pourquoi ai-je envie de vivre cette expérience ?
  • Quelle est la contribution financière et à qui profite-t-elle réellement ?
  • Qui vous accompagne ?

Car ce n’est pas la première fois que je l’écris sur ce blog : une bonne agence fait toute la différence tout comme un bon guide.

Il traduit, explique, contextualise et « protège » aussi les échanges. Cela a clairement été le cas avec Sabore, notre guide maasaï pendant ce séjour. D’ailleurs, si vous souhaitez mieux comprendre son parcours et sa vision de la Tanzanie, je vous conseille vraiment d’écouter l’épisode de podcast que j’ai enregistré avec lui.


  • Et surtout … êtes-vous prêt à ne pas tout comprendre, à vous sentir parfois inconfortable et à accepter que la rencontre soit imparfaite ?

Voilà j’espère que cet article vous aura plu ! Si vous souhaitez vivre un prochain voyage en Tanzanie et que vous souhaitez partir avec la même agence avec laquelle je suis partie, n’hésitez pas à me contacter par ICI.

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